Articles Tagués ‘2012’

Article paru dans Le Gymnaste de juillet 2012.

En moins de vingt ans seulement, Israël a réussi à s’imposer dans la hiérarchie mondiale de la Gymnastique. Aux Jeux Olympiques de Londres, il faudra compter sur une délégation pas moins composée de huit gymnastes. Et l’Etat Hébreu vise tout simplement le podium. Un savant mélange d’organisation et de travail, à la sauce russe…

« Et tire… Et pause ! Attention ton bassin… Vite ! Vite ! Et relâche… » Tel un chef d’orchestre face à ses musiciens, Ella Samofalov, l’entraîneur national de l’équipe d’Israël de GR depuis 2007, guide ses gymnastes d’une voix forte. Et relance la sono à chaque fois qu’un engin s’échappe des mains d’une de ses protégées. Ce matin de fin janvier, elles sont six à s’entraîner au Centre National du Sport de Tel Aviv : cinq juniors et Neta Rivkin, la numéro 1 Israélienne. L’Ensemble est parti trois jours à Eilat au bord de la Mer Rouge pour se reposer après sa qualification pour les Jeux Olympiques lors du « Test Event » de janvier. Cet été aux J.O. de Londres, Israël, petit pays de 7 millions d’habitants, enverra une délégation de huit gymnastes. Fait incroyable, les chances de médailles sont possibles dans toutes les catégories. Neta Rivkin, vice-championne d’Europe aux massues et médaille de bronze au cerceau au championnat d’Europe, fait figure de leader mais dans cette course aux récompenses olympiques, elle sera accompagnée par l’Ensemble National, médaillé de bronze lors des finales en janvier et en Gymnastique Artistique par Alexandre Shatilov, vice-champion d’Europe et médaillé de bronze au sol aux derniers championnats du Monde…

Alexandre Shatilov, 12ème du concours général aux JO de Londres et 6ème à la finale au sol.

La culture russe

Ella Samofalov sait pourtant que la Gymnastique en Israël revient de loin. Arrivée dans le pays en 1991, cette ancienne gymnaste, membre de l’Ensemble de Biélorussie dans les années 1980, confie : « En Israël, il n’y avait pas vraiment la culture du sport professionnel, les gens connaissaient un peu la Gymnastique Artistique mais ne savait absolument rien de la GR ». Surprise par ce peu d’engouement pour le sport et la gymnastique en général, la communauté russophone immigrée en Israël après la disparition de l’URSS, va développer les clubs et les structures de haut niveau dans l’ensemble du pays. « Notre savoir-faire a permis d’obtenir des médailles et des résultats rapidement». Aujourd’hui encore, Ella et les gymnastes communiquent en russe, comme avec Neta Rivkin, dont la famille est originaire de Saint-Pétersbourg. Du côté des hommes, même constat. Alexandre Shatilov, né en Ouzbékistan en 1987, a commencé la Gymnastique en Russie à l’âge de cinq ans avant d’immigrer en Israël en 2002. Il est, depuis 2006, le meilleur gymnaste que le pays ait connu.

« Un travail sur le long terme »

L’ascension du pays dans la hiérarchie mondiale est impressionnante. En Gymnastique Rythmique notamment. Ainsi, le premier ensemble ne voit le jour qu’en 2006. Et pourtant, deux ans plus tard, les Israéliennes se qualifient déjà aux Jeux Olympiques de Pékin. Elles finiront sixième. Une incroyable trajectoire quand on sait que l’équipe de France ne parvient pas à se qualifier depuis les Jeux d’Athènes. Le miracle israélien est le résultat d’un savant travail de sélection. En GR, Israël compte 37 clubs avec une moyenne de 150 licenciés. La détection se fait au cours des différentes compétitions en équipe et en individuel. « Nous choisissons un groupe de jeunes filles qui nous semblent avoir le potentiel, nous les voyons grandir puis nous organisons une sélection quelques années plus tard », explique Ella. Dans la salle d’entraînement, la voici qui désigne discrètement les juniors une à une. « Celle-ci ira en équipe, celle-ci en individuelle, je connais déjà leur parcours, je sais où elles réussiront. »

Problème, les gymnastes sont nombreux à quitter les salles d’entraînement à partir de l’adolescence. La faute aux études et surtout à l’armée, particularité propre à Israël. « C’est très difficile d’avoir des gymnastes de catégorie « senior », confie Neta Rivkin. Agé de 20 ans, la jeune fille sait de quoi elle parle. Comme tous les jeunes du pays, elle fait son service militaire. D’une durée de deux ans pour les filles et trois pour les hommes, il empêche un certain nombre de jeunes de continuer le sport de haut niveau. « Si les résultats ne suivent pas très rapidement alors les chefs empêchent les sportifs d’avoir par exemple des horaires aménagés ». Après sa première année de service, Neta Rivkin s’en sort bien. Elle doit quand même demander une autorisation de sortie du territoire à l’armée avant chaque compétition… Ella Samofalov y voit quand même de nombreux avantages. « Les gymnastes n’ont plus peur de la pression et de l’effort, s’amuse-t-elle. Neta est un exemple pour les plus jeunes, elle était naturellement talentueuse mais c’est le travail qui lui a permis d’atteindre les podiums. »
Aujourd’hui, l’avenir de la Gymnastique en Israël s’annonce sous les meilleurs hospices. La relève pointe déjà le bout de son nez. L’Ensemble national junior s’est ainsi classé troisième lors des derniers championnats d’Europe à Minsk. Par ailleurs, avec un budget revu à la hausse, Ella Samofalov peut savourer la reconnaissance de son sport à l’échelle nationale. Le Président de l’Etat d’Israël et ancien Prix Nobel, Shimon Pérès, a même fait le déplacement fin janvier pour rencontrer les sélectionnées olympiques.  « Le sport est important pour Israël, affirme Ella, parce qu’il ne porte pas de couleurs politiques. Il prouve que nous pouvons vivre tous ensemble malgré nos différences. »

Pour lire le PDF : 02-08-2012 Gymnastique – Le miracle Israélien

Coraline Salvoch

Publicités

Reportage réalisé par Caroline Delage et Coraline Salvoch, diffusé le 28 juillet sur la chaine d’information I>Télé

Alors que la Palestine s’est vu refuser cette année le statut d’état par l’Organisation des Nations-Unies, la nation palestinienne a tout de même défilé, au même titre que les autres pays, pour la cérémonie d’ouverture des jeux olympiques de Londres. Situation paradoxale, le CIO a été une des premières instances internationales à reconnaître la Palestine, au même rang que les autres pays. C’est en 1996 à Atlanta que le premier sportif palestinien a participé aux Jeux Olmpiques.  Cet été, ils seront cinq à fouler le sol londonien : trois hommes, Ahmed Jabreel basé au Caire, en natation, Baha al-Fahraa de Gaza, en athlétisme, Maher Abu Rmeileh de Jérusalem-Est en judo – le seul à avoir atteint les minimas – et deux femmes, la nageuse Sabine Hazboun de Bethléem et l’athlète Worood Maslaha de Naplouse. Focus sur Sabine. La jeune nageuse s’entraîne depuis un an à Barcelone en Espagne, faute d’infrastructures à Bethléem.