Archives de la catégorie ‘Reportages’

A l’occasion des élections municipales palestiniennes, nous avons souhaité publié ce reportage réalisé par Pauline Maisterra, étudiante à l’Ecole de Journalisme de Toulouse, actuellement en voyage au Proche-Orient. Voici son récit réalisé à la veille des élections, sur une initiative peu commune : la première liste entièrement composée de femmes. 

Les « femmes du bled », en campagne dans les champs d’olivier de Saffa

Reportées déjà trois fois, les élections municipales en Cisjordanie ont eu lieu le 20 octobre prochain. À Hébron comme à Saffa, petit village situé à 20 km de Ramallah, une liste composée uniquement de femmes a fait son apparition dans la course électorale. Une première en Cisjordanie ! Plongée dans la campagne électorale des femmes de Saffa.

Une petite révolution électorale. « Nous, les femmes, nous avons le droit de nous présenter aux élections », défend la leader de la liste « Les Femmes du bled » à Saffa. Ladite Ilham Hamad se prépare à sortir de chez elle. Dernières vérifications : quelques brochures dans un sac en plastique, une tenue correcte et de la crème solaire sur le visage. C’est parti. Sous une chaleur déjà étouffante, Ilham commence sa campagne. Il est 9h30. Les rues de Saffa sont désertes. Tout proche de là, le mur de séparation avec Israël. Le village compte 5 000 âmes dont « 49,8 % ne sont d’autres que des femmes », souligne-t-elle. Chez eux ou au travail, elle parlera à ses concitoyens. Il lui faut présenter son programme et les autres filles de la liste. Et le temps compte. La campagne électorale, entamé le 6 octobre, doit se terminer le 18. « A minuit », précise-t-elle. Ilham a pris un congé sans solde. Elle travaille au ministère des affaires des femmes et est bénévole dans de nombreuses associations féministes.

Près d’un olivier, la candidate salue les habitantes occupées à la cueillette : « Voilà, nous sommes cinq, cinq femmes indépendantes qui nous présentons pour améliorer le sort du village ». Et d’insister «  nous n’avons aucun parti ni famille pour nous soutenir ! »  Puis, elle décline les noms et professions de ses quatre collègues âgées de 31 à 55 ans : Iman Falanah, enseignante, Suhair Mansour, couturière, Fidae Shaker et Ebtisam Ibrahem, femmes au foyers. Les femmes qui l’écoutent,  paraissent convaincues. Le programme et surtout le slogan font leur effet : « Justice pour tous, Saffa pour tout le monde ». Les autres listes – celle du Fatah comme celle de la gauche (Al-Moubadara, le front populaire pour la libération de la Palestine et le front démocratique pour la libération de la Palestine) – semblent ignorer le problème de l’eau ou la question des handicapées. La sienne aborde ces questions. Ilham se tourne et s’insurge  « A chaque élection, c’est pareil. Les femmes ne sont que des outils ! ». Et développe :  « Dans les listes, on les trouve toujours à la place numéro 5 ou 7 et jamais au début ! Pourtant, on pense comme les autres ! » Selon la loi des collectivités locales de 1997, il est obligatoire de présenter au minimum deux femmes sur une liste. Et au moins une d’entre elles doit être parmi les cinq premiers candidats.

Saffa, petit village situé près de Ramallah, dans les Territoires palestiniens.

Une campagne électorale bien différente

« Cette liste de femme renforce la compétition et la démocratie », explique Khaled Mansour, du parti de Al-Moubadara. « C’est très intéressant, raconte Ilham. Notre liste fait débat dans plusieurs familles ». Pour cette militante, c’est le début d’une réflexion nouvelle. En 2005, seuls les membres et les représentants des 5 grandes familles de Saffa ou de partis politiques avaient été candidats.

Depuis le commencement de cette campagne, « Les Femmes du bled » s’activent. Elles enchaînent les visites. Une dizaine par jour. La journée mais également la nuit. « C’est nouveau, observe Saedallah Sheikh Ahmad, habitant de Saffa et fervent défenseur de la cause féminine. Vous savez, pour les gens, prendre le temps de venir chez eux pour leur parler de la brochure, c’est une marque de respect ». Rien n’est laissé au hasard. Leur programme a également été préparé avec soin. « Nous avons mis six jours pour le rédiger, confie Ilham, entourée de ses colistières. Six jours à discuter, à prendre le temps de vérifier la légalité de leurs propositions, à consulter les villageois pour mieux mesurer leurs priorités, leur problèmes. Iman Falanah, jeune candidate, présente à Ilham les dernières affiches réalisées durant la nuit. Un papier cartonné jaune fluo avec en rose, le chiffre 4, numéro de leur liste, saute au yeux. La leader est enchantée : « Il faut qu’on nous voit », lance le professeur. Et imagine déjà en faire des plus petites pour les distribuer à la sortie de l’école. « Certaines personnes pensent que nous sommes contre les hommes, révèle Iman roulant ses affiches. C’est bien sûr faux. Nous, nous voulons travailler pour tous les habitants et n’oublier personne. » Et la caravane redémarre. Dans la rue, Ilham aperçoit un soutien de ses adversaires. Ni une, ni deux,  elle l’interpelle et lui tend sa brochure. « Jettes-y un coup d’œil ». Ilham incarne cette liste et l’envie d’agir : « La garderie qui est au rez-de-chaussée de ma maison, je l’ai ouverte en 2000, lors de la première Intifada. Et pour les adolescents, j’ai mis en place un camp d’été. Ils sont ravis qu’on pense à eux ».

 Ce qu’en pensent les hommes

« Cette liste, c’est le début de la révolution sociale, prévient Saedallah, récemment rentré de France où il a fini ses études. Les stéréotypes doivent disparaître. Ici, la question de la femme, c’est un sujet trop sensible, qu’on n’aborde pas. Et c’est bien dommage ! »  Pour ce jeune garçon, qui revient de la récolte, « il y a des résistances au changement », changement pourtant essentiel à ses yeux. Mohammed Karajah, avocat, est du même avis. Il milite pour « Les Femmes du bled » sur les réseaux sociaux où il incite ses amis à voter pour elles : « Des mots de leur programme m’ont marqué comme justice et égalité. Vous savez, certains hommes pensent pouvoir être les seuls à proposer des solutions, et à parler par exemple de développement durable. C’est faux ! On en a la preuve avec ces femmes qui sont capables de changer la vie locale. »

Des déçus des élections précédentes, promettent même de voter pour elles : « Les anciens élus n’ont rien fait, s’énerve Khalil Youssef. Et avertit, se retournant vers les candidates venues chez lui :  « J’espère que vous n’allez pas me décevoir ! » Selon cet homme d’une soixantaine d’années, « leur atout, c’est de penser autrement ». Samer, un jeune habitant, a quant-à-lui, une image négative de la femme. Et il n’est pas le seul : « Elles sont trop sensibles et ne contrôlent rien ! Leur rôle est de rester à la maison  », affirme-t-il. Son oncle, vivant au Brésil, grimace et réagit de suite : « Ecoute, elles ont un rôle dans la société, pas seulement à la maison. Et je vais te dire. Tu connais le Coran ? Il y est marqué que la femme est l’égale de l’homme ». L’avenir du village est là : nombreux ont voyagé, au Brésil, au Vénuzuela, en France. Ils ont connu des cultures différentes. Pour Mohammed Karajah, l’ex-maire du village, « Cette liste doit gagner grâce aux femmes. Elles doivent être solidaires ! Sinon, elles ne devront s’en prendre qu’à elles-mêmes ! » L’apparition des « Femmes du bled » est un tournant dans la vie du village. Ilham et les quatre autres candidates sont pleines d’espoir :  « Nous avons trouvé la clé qui permet aux femmes de sortir de chez elles et penser librement… » 

Pauline Maisterra

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Reportage réalisé par Alain Pirot et Coraline Salvoch pour l’émission Learning World. Programme sur l’éducation diffusé par la chaîne Euronews.

Parler plusieurs langues à la maison est-il un frein ou un avantage dans le parcours éducatif d’un élève ? Faut-il faire l’impasse sur une partie de son patrimoine linguistique pour mieux réussir, ou, au contraire, le bilinguisme et la plurilinguisme sont-ils les garants du succès scolaire ? C’est à ces questions que nous tentons de répondre dans ce numéro de Learning World avec des reportages en Afrique du Sud et dans l’ancienne République yougoslave de Macédoine. Une linguiste viendra ensuite éclairer le débat.

Reportage réalisé par l’agence MiddleEast2.0 en Jordanie, pour l’émission Learning World de la chaîne Euronews, programme consacré à l’éducation présenté par Maha Barada. Plus d’informations sur http://fr.euronews.com/ Diffusion le 7 septembre 2012. 

Selon la Fondation de la pensée arabe, ce ne sont en moyenne que 6 minutes par an qui seraient consacrées à la lecture d’un livre dans le monde arabe. Mais des projets existent pour contrer cette tendance. Coup de projecteur sur deux initiatives menées en Pologne et en Jordanie qui oeuvrent à la promotion de la lecture chez les jeunes, et entretien avec un expert en la matière.

Article paru dans Le Gymnaste de juillet 2012.

En moins de vingt ans seulement, Israël a réussi à s’imposer dans la hiérarchie mondiale de la Gymnastique. Aux Jeux Olympiques de Londres, il faudra compter sur une délégation pas moins composée de huit gymnastes. Et l’Etat Hébreu vise tout simplement le podium. Un savant mélange d’organisation et de travail, à la sauce russe…

« Et tire… Et pause ! Attention ton bassin… Vite ! Vite ! Et relâche… » Tel un chef d’orchestre face à ses musiciens, Ella Samofalov, l’entraîneur national de l’équipe d’Israël de GR depuis 2007, guide ses gymnastes d’une voix forte. Et relance la sono à chaque fois qu’un engin s’échappe des mains d’une de ses protégées. Ce matin de fin janvier, elles sont six à s’entraîner au Centre National du Sport de Tel Aviv : cinq juniors et Neta Rivkin, la numéro 1 Israélienne. L’Ensemble est parti trois jours à Eilat au bord de la Mer Rouge pour se reposer après sa qualification pour les Jeux Olympiques lors du « Test Event » de janvier. Cet été aux J.O. de Londres, Israël, petit pays de 7 millions d’habitants, enverra une délégation de huit gymnastes. Fait incroyable, les chances de médailles sont possibles dans toutes les catégories. Neta Rivkin, vice-championne d’Europe aux massues et médaille de bronze au cerceau au championnat d’Europe, fait figure de leader mais dans cette course aux récompenses olympiques, elle sera accompagnée par l’Ensemble National, médaillé de bronze lors des finales en janvier et en Gymnastique Artistique par Alexandre Shatilov, vice-champion d’Europe et médaillé de bronze au sol aux derniers championnats du Monde…

Alexandre Shatilov, 12ème du concours général aux JO de Londres et 6ème à la finale au sol.

La culture russe

Ella Samofalov sait pourtant que la Gymnastique en Israël revient de loin. Arrivée dans le pays en 1991, cette ancienne gymnaste, membre de l’Ensemble de Biélorussie dans les années 1980, confie : « En Israël, il n’y avait pas vraiment la culture du sport professionnel, les gens connaissaient un peu la Gymnastique Artistique mais ne savait absolument rien de la GR ». Surprise par ce peu d’engouement pour le sport et la gymnastique en général, la communauté russophone immigrée en Israël après la disparition de l’URSS, va développer les clubs et les structures de haut niveau dans l’ensemble du pays. « Notre savoir-faire a permis d’obtenir des médailles et des résultats rapidement». Aujourd’hui encore, Ella et les gymnastes communiquent en russe, comme avec Neta Rivkin, dont la famille est originaire de Saint-Pétersbourg. Du côté des hommes, même constat. Alexandre Shatilov, né en Ouzbékistan en 1987, a commencé la Gymnastique en Russie à l’âge de cinq ans avant d’immigrer en Israël en 2002. Il est, depuis 2006, le meilleur gymnaste que le pays ait connu.

« Un travail sur le long terme »

L’ascension du pays dans la hiérarchie mondiale est impressionnante. En Gymnastique Rythmique notamment. Ainsi, le premier ensemble ne voit le jour qu’en 2006. Et pourtant, deux ans plus tard, les Israéliennes se qualifient déjà aux Jeux Olympiques de Pékin. Elles finiront sixième. Une incroyable trajectoire quand on sait que l’équipe de France ne parvient pas à se qualifier depuis les Jeux d’Athènes. Le miracle israélien est le résultat d’un savant travail de sélection. En GR, Israël compte 37 clubs avec une moyenne de 150 licenciés. La détection se fait au cours des différentes compétitions en équipe et en individuel. « Nous choisissons un groupe de jeunes filles qui nous semblent avoir le potentiel, nous les voyons grandir puis nous organisons une sélection quelques années plus tard », explique Ella. Dans la salle d’entraînement, la voici qui désigne discrètement les juniors une à une. « Celle-ci ira en équipe, celle-ci en individuelle, je connais déjà leur parcours, je sais où elles réussiront. »

Problème, les gymnastes sont nombreux à quitter les salles d’entraînement à partir de l’adolescence. La faute aux études et surtout à l’armée, particularité propre à Israël. « C’est très difficile d’avoir des gymnastes de catégorie « senior », confie Neta Rivkin. Agé de 20 ans, la jeune fille sait de quoi elle parle. Comme tous les jeunes du pays, elle fait son service militaire. D’une durée de deux ans pour les filles et trois pour les hommes, il empêche un certain nombre de jeunes de continuer le sport de haut niveau. « Si les résultats ne suivent pas très rapidement alors les chefs empêchent les sportifs d’avoir par exemple des horaires aménagés ». Après sa première année de service, Neta Rivkin s’en sort bien. Elle doit quand même demander une autorisation de sortie du territoire à l’armée avant chaque compétition… Ella Samofalov y voit quand même de nombreux avantages. « Les gymnastes n’ont plus peur de la pression et de l’effort, s’amuse-t-elle. Neta est un exemple pour les plus jeunes, elle était naturellement talentueuse mais c’est le travail qui lui a permis d’atteindre les podiums. »
Aujourd’hui, l’avenir de la Gymnastique en Israël s’annonce sous les meilleurs hospices. La relève pointe déjà le bout de son nez. L’Ensemble national junior s’est ainsi classé troisième lors des derniers championnats d’Europe à Minsk. Par ailleurs, avec un budget revu à la hausse, Ella Samofalov peut savourer la reconnaissance de son sport à l’échelle nationale. Le Président de l’Etat d’Israël et ancien Prix Nobel, Shimon Pérès, a même fait le déplacement fin janvier pour rencontrer les sélectionnées olympiques.  « Le sport est important pour Israël, affirme Ella, parce qu’il ne porte pas de couleurs politiques. Il prouve que nous pouvons vivre tous ensemble malgré nos différences. »

Pour lire le PDF : 02-08-2012 Gymnastique – Le miracle Israélien

Coraline Salvoch

Reportage réalisé par Caroline Delage et Coraline Salvoch, diffusé le 28 juillet sur la chaine d’information I>Télé

Alors que la Palestine s’est vu refuser cette année le statut d’état par l’Organisation des Nations-Unies, la nation palestinienne a tout de même défilé, au même titre que les autres pays, pour la cérémonie d’ouverture des jeux olympiques de Londres. Situation paradoxale, le CIO a été une des premières instances internationales à reconnaître la Palestine, au même rang que les autres pays. C’est en 1996 à Atlanta que le premier sportif palestinien a participé aux Jeux Olmpiques.  Cet été, ils seront cinq à fouler le sol londonien : trois hommes, Ahmed Jabreel basé au Caire, en natation, Baha al-Fahraa de Gaza, en athlétisme, Maher Abu Rmeileh de Jérusalem-Est en judo – le seul à avoir atteint les minimas – et deux femmes, la nageuse Sabine Hazboun de Bethléem et l’athlète Worood Maslaha de Naplouse. Focus sur Sabine. La jeune nageuse s’entraîne depuis un an à Barcelone en Espagne, faute d’infrastructures à Bethléem.

Reportage de l’agence Middle East 2.0, diffusé  dans l’émission Learning World, un programme sur l’éducation proposé par la chaîne EURONEWS, présenté depuis Doha par Maha Barada. Reportage à Gaza, réalisé par Coraline Salvoch et Alain Pirot.

Un enfant bien nourri est un enfant bien instruit. Voilà ce que l’on dit. Mais si remplir son estomac est important il faut aussi apprendre aux jeunes à avoir de bonnes habitudes alimentaires.
Les Nations Unies estiment que près de 400 millions d’enfants de par le monde vont se coucher le ventre vide. De nombreux projets tentent de leur assurer des ressources alimentaires stables et d’encourager les enfants à aller à l‘école.
Pour en savoir plus sur les méthodes destinées à renforcer l‘éducation nutritionnelle en milieu scolaire, nous nous sommes rendus en Territoires palestiniens, au Canada et en Finlande.

Gaza: La malnutrition, problème numéro un dans les cours d‘école

Le blocus israélien de Gaza a entraîné des pénuries alimentaires enjandrant une malnutrition de beaucoup de jeunes Palestiniens. Un projet des Nations Unies tente d’ assurer un approvisionnement alimentaire dans les écoles, pour encourager une rescolarisation des enfants et offrir aux mères des conseils nutritionnels.

Dans la bande de Gaza, près d’un élève sur deux arrive à l‘école sans avoir rien mangé. Comme d’autres organisations, l’Office des Nations unies pour les réfugiés palestiniens a donc décidé de distribuer chaque jour une ration énergétique aux élèves. Plus de 200 000 enfants en bénéficient quotidiennement. L’Office s’est aussi fixé comme objectif d’apprendre aux mamans à donner à leurs enfants les nutriments essentiels.

Liens utiles:
http://www.haaretz.com/news/poll-10-of-palestinian-children-have-lasting-malnutrition-effects-1.217826
http://apps.who.int/gb/ebwha/pdf_files/A61/A61_18Rev1-en.pdf

Finlande : l’alimentation par les sens

En Finlande, la méthode Sapere met en avant une action de sensibilisation à la nutrition en enseignant aux jeunes à apprécier la nourriture avec tous leurs sens. Les étudiants sont encouragés à cultiver et à cuisiner leur propre nourriture pour apprendre ce qu’est une alimentation saine. L’objectif principal est de lutter contre l’obésité.

Le méthode Sapere, a pour objectif d’initier les enfants au «mieux manger» et au «savoir-vivre» en développant les 5 sens afin de les aider à adopter un comportement alimentaire sain, de les obliger à être curieux, à découvrir et à savoir apprécier.
La méthode Sapere est très appréciée des professionnels de santé en Finlande. A l’heure actuelle, quelques 3 500 d’entre eux ont été formés pour utiliser cet outil dans leur travail. Dans de nombreuses villes, la méthode s’inscrit dans le programme scolaire.

Pour plus d’informations:
http://sapere.ebaia.com/index.php?option=com_content&view=section&layout=blog&id=10&Itemid=93&lang=fr

Déjeuner écolo au Canada

Au Canada, qui est l’un des plus grands producteurs mondiaux de déchets, on mise dans les écoles sur les boîtes-repas saines et écologiques. Les enseignants encouragent les élèves à choisir leur nourriture avec soin et à utiliser des emballages alimentaires adaptés à la sauvegarde de l’environnement.

Au Québec, les Etablissements Vert Brundtland ont développé une trousse pédagogique pour encourager les écoles à s’engager pour éduquer les jeunes au développement durable.
Dans certaines écoles, les élèves sont aussi sensibilisés au recyclage. Après le lunch, ils font le tri des déchets, certains sont même responsables du nettoyage. Des petits gestes quotidiens qui, à grande échelle, font toute la différence.

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Tout le monde s’est bien gardé d’en parler dimanche dernier sur les plateaux de télévision. Et pourtant, il y avait beaucoup à dire… sur les premières élections législatives des députés de l’étranger. Même la Gauche qui peut se targuer d’avoir remporté 8 des 11 circonscriptions se garde bien de tout commentaire élogieux sur le sujet. Car le bilan de cette première, c’est avant tout un grand fiasco démocratique. Certes, on pourra toujours dire que les abstentionnistes ont toujours tort, mais à y regarder de plus près, on pourra concéder qu’on ne les y a pas vraiment encouragés. Explications.

Une participation chaotique.

Au soir du 2ème tour, ils étaient nombreux en France, à se lamenter  que l’abstention dépasse les 40%. On retiendra notamment ce commentaire, dans le Nord, du député Bernard Roman : « Quand des citoyens se déconnectent du choix de la construction de leur avenir, on avance vers le chaos ». Eh bien, imaginez sa réaction en regardant le vote des français de l’étranger, puisqu’ici, l’abstention a atteint le chiffré épique de 79,22%. La palme du plus grand absentéisme revenant à la circonscription consulaire de Haïfa en Israël avec 5,1% de votants, au coude à coude avec Annaba en Algérie et Tripoli en Libye (6,7% de votants). On concèdera que les Français installés à l’île Sainte-Lucie dans les Antilles ont fait mieux avec 7,8% de votants.

Consulat de France à Jérusalem, 3 juin 2012, premier tour des élections législatives des Députés de l’étranger. Crédit Photo MiddleEast2.0.

Il y a tout de même quelques élèves plus assidus : Riga en Lettonie avec 48,5% de votants, Tirana en Albanie avec 50,9%, Tachkent en Ouzbékistan avec 57,8%…La Marianne d’or de la participation revenant à Chisinau en Moldavie où 35 citoyens français ont rempli leur devoir civique, portant la participation à 63,6%.   On peut d’ailleurs féliciter les concepteurs de cette élection d’avoir mis en place le vote électronique par internet. Et même si ce dernier n’a pas été sans problème, on imagine le score final s’il n’avait pas existé.

En définitive, la participation la plus active  restera celle enregistrée dans la 11ème circonscription, celle remportée par l’UMP Thierry Mariani, celle où le soleil ne se couche presque jamais qui va de Moscou à Sydney, parfaitement ciselée pour un ancien ministre des Transports.

Les raisons d’un désaveu.

Les circonscriptions obéissant toutes à des contextes différents, difficile de trouver des causes générales pour expliquer ce faible engouement. Notre analyse est évidemment animée par la campagne vécue dans la 8ème circonscription, celle regroupant l’Italie, la Grèce, Saint-Marin, le Vatican, Malte, Chypre, Israël et les Territoires Palestiniens.

Carte des circonscriptions des députés de l’étranger, crédit le Parisien – Aujourd’hui en France.

Même si le découpage est toujours un jeu compliqué, on se doit évidemment de mentionner quelques incohérences. Les citoyens, les premiers, n’ont goûté à ce découpage qu’avec  perplexité. Se demandant parfois comment la Papouasie / Nouvelle-Guinée pouvait avoir les mêmes problématiques que l’Ukraine. En fait, le découpage a obéi non pas seulement à des critères démographiques, mais surtout à une règle de pôles incontournables. Autour desquels les autorités ont ajouté d’autres pays pour faire le nombre. Ainsi, dès le départ, il était dit qu’il y aurait une circonscription autour de la Suisse, du Bénélux, des Etats-Unis, de l’Espagne, du Maghreb, et d’Israël. Des entités où les autorités se garderaient bien de « mélanger les torchons et les serviettes ». Ainsi, autour d’Israël, on aurait pu ajouter la Jordanie, le Liban, pour respecter critères démographiques et géographiques. Mais comme le découpage fut notamment supervisé par Daphna Poznanski, candidate PS franco-israélienne installée à Tel-Aviv, celle-ci compris très vite qu’il fallait mieux éviter ce cas qui empêcherait le futur député et surtout elle de pouvoir se déplacer dans la circonscription. Au départ, on avait même exclu les Territoires palestiniens de cette circonscription, mais là on comprit du côté des autorités, qu’on était peut-être allé un peu loin. On les y ajouta plus tard convaincu que les quelques 200 français installés du côté de Ramallah ne pèseraient pas lourd. Manque de chance pour Thierry Mariani, la 11ème circonscription a quant à elle obéit parfaitement à des critères démographiques. Vulgairement, comme tous les autres pôles avaient été constitués, on a mis tout ce qu’il était possible de mettre dans cette 11e zone pour faire le nombre. Péniblement, en rassemblant des pays qui vont de A comme Arménie à V comme Vietnam, on est finalement arrivé au chiffre de 78893 inscrits, soit l’un des plus faibles avec l’Amérique du Sud.

La « drôle de campagne » de la 8ème circonscription

Dans les colonnes du « Parisien-Aujourd’hui en France », dès le premier tour, on avait déjà largement commenté cette drôle de campagne de la 8e circonscription. Notamment l’attitude des candidats vis-à-vis des français installés dans les Territoires palestiniens (Voir ci-dessous). On a l’habitude dire que rien n’est jamais normal avec Israël et la Palestine. La règle a été respecté. Même si tous les candidats, les uns après les autres, se sont gardés auprès de nous d’avoir « fait une campagne communautaire », c’est indéniablement ce qui s’est produit.

Publication 4 juin 2012 dans les colonnes du Parisien – Aujourd’hui en France.

L’histoire retiendra quelques anecdotes savoureuses, une affaire d’espionnage entre candidats menée par l’intermédiaire d’une fausse journaliste venue en fait renseigner un autre candidat sur les propositions de ses adversaires. Un candidat FN, remplacé à la dernière minute, parce que jugé « trop pro-israélien » par sa direction. Il est vrai qu’il avait juré dans un message internet  « avoir à cœur de défendre dans l’hémicycle le Grand Israël et sa capitale éternelle, Jérusalem ». Enfin, un candidat dont le seul programme était de faire barrage à un autre candidat.

Finalement, tous les candidats jurent avoir vécu, comble d’ironie, « l’enfer dans cette campagne ». Sauf Daphna Poznanski, la candidate PS, la grande gagnante. Qui loin de s’égarer dans cette une querelle de petites phrases, a joué de sa discrétion. On aurait pourtant souhaité l’entendre lorsque que les autres candidats, Philippe Karsenty en tête, attaquaient les médias français, jurait que « les Territoires palestiniens sont occupés par les Arabes illégalement ». En restant en dehors de tout cela, elle ne s’est pas exposée. Choisissant plutôt de mettre en valeur son bilan de représentante des français de l’étranger quand la candidate UMP s’épuisait dans les polémiques, les petites phrases.  C’est là ce qui lui a permis de gagner. Mais le climat de cette campagne ne laisse rien augurer de bon.

Et l’on ne s’étonnera pas que les électeurs aient boudé les urnes. A Ramallah, au deuxième tour, il n’y avait que huit bulletins dans l’urne. Notamment 5 blancs et un nul….

                                                                                    Alain Pirot