« Je suis prêt à donner ma vie pour la liberté du peuple Syrien ». Père Paolo Dall’Oglio

Publié: mai 29, 2012 dans Reportages
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Crédits Photo : Le Parisien / Middle East 2.0. Les Photos ont été réalisées par Cécile Massie.

PAGE des hommes, des dieux et la guerre

C’est une donnée essentielle dans la délicate équation syrienne. Depuis des mois, le rôle des chrétiens, minorité qui représente près de 8% de la population totale, est scruté dans les moindres détails. Pour l’heure, à l’image du pays tout entier, c’est la division qui règne entre une hiérarchie souvent proche du régime, une frange militante opposée au dictateur. Et au milieu, une masse inquiète, attentiste qui redoute si le régime de Bachr Al-Assad venait à tomber, l’arrivée au pouvoir de la majorité musulmane sunnite. Dans ce concert de gens silencieux, deux voix dominent. Radicalement opposés. Celle de Sœur Marie Agnès de la Croix, religieuse libanaise, fervente avocate du régime syrien en place, connue notamment pour avoir accompagné le voyage tristement malheureux du reporter Gilles Jacquier. Et puis il y a celle du père Paolo…

L’article publié le 20 mai dernier dans les colonnes du « Parisien – Aujourd’hui en France » raconte l’histoire cet homme, des ces frères et de ces sœurs, plongés depuis près d’un an et demi, dans la guerre. Faute de ne pouvoir nous rendre nous-mêmes sur les lieux du monastère Mar Moussa en Syrie, c’est grâce au téléphone que nous avons pu dialoguer. Se dressant contre cette « thèse officielle, allègrement distribuée par quelques chrétiens, mal intentionnés ou simplement en mal de protection, Sœur Marie Agnès de la Croix en tête », le Père Paolo nous a confié sa vérité. Son quotidien, son opinion et son analyse sur le futur. Sous le coup d’un avis d’expulsion, l’homme sait qu’il lui est interdit de parler politique, mais il a tout de même tenu à le faire. Lui aussi avait été « approché par les forces du régime pour propager la thèse officielle, confie-t-il, mais jamais on ne me fera taire ».

Preuve de ce caractère tempétueux, le religieux nous a contactés à nouveau, après la publication de cet article. Il voulait affirmer son combat, et conforter ses propos. Voici le contenu de cette conversation. « Je ne veux pas passer pour un religieux timide, qui resterait au milieu de la mêlée, sans prendre clairement position. Je reste convaincu que la solution des armes est la voie la plus dangereuse pour l’unité du pays. Mais lorsque qu’un peuple est attaqué, il a le droit de se défendre. C’est le cas actuellement en Syrie. Rien ne saurait nous faire oublier le but de notre combat. Si nous devons nous battre pour trouver des moyens de renouer avec la paix, l’avenir ne se fera pas sans la fin du régime actuel et l’avènement de la démocratie de la Syrie. Pour ma part, je dois avouer que je suis prêt à donner ma vie pour la liberté d’un peuple. »

Alain Pirot

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