Gaza, blocus or not blocus?

Publié: novembre 20, 2011 dans Analyses
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Les premières minutes de l’émission « Nouveaux Regards »

Deuxième partie  de l’émission »Nouveaux Regards »

Troisième partie de l’émission « Nouveaux Regards »

Si vous expliquez à un Israélien que vous revenez tout juste de la bande de Gaza, mieux vaut vous attendre à deux types de réaction. La première, la plus agréable, vient souvent des jeunes Israéliens. Ses principales caractéristiques, une grande soif de curiosité et d’intérêt pour ce qui se passe derrière les murs de la petite bande côtière. La seconde par contre, se veut plus vindicative. Souvent exprimée par les Israéliens plus âgés, elle flirte parfois avec les termes orduriers du type : « Ne croyez pas ce que vous ont dit les Arabes de Gaza, ce sont des menteurs. Ils ont la haine des Juifs ! » Et si par mégarde, vous commencez à montrer une quelconque compassion pour le sort malheureux de cette petite bande côtière, coincée entre Israël, l’Egypte et la Méditerranée, vous devenez très vite un « mauvais journaliste anti-israélien, souffrant d’un manque totale d’objectivité ». Si le mot « Gaza » suscite aussi peu d’indifférence chez les Israéliens, c’est que la plupart savent qu’il s’y passe depuis plus de cinq ans, une situation hors norme. Et pour tout dire difficilement acceptable. A Gaza, la normalité est un luxe qui ne se trouve plus sur les étagères des commerces. Il nous aura fallut quatre jours de reportage et des dizaines de rencontres pour le comprendre. C’est ce voyage que nous vous proposons de découvrir dans le premier numéro de l’émission « Nouveaux Regards ».

« Gaza – blocus or not blocus ? » est une question plus qu’épineuse en Israël. Nous l’avons appris à nos dépends ces derniers jours. C’est vrai, pour beaucoup, le débat n’a pas lieu d’être. « Le blocus est là pour protéger Israël. Et empêcher la circulation des armes,  missiles et autres roquettes, à destination des groupes armés en guerre avec Israël. » Point à la ligne. Pourtant, comment ne pas s’interroger devant cette décision politique qui n’a en rien stoppé le transport d’armes, mais qui pénalisent tout un peuple, toute une économie. Et pour tout dire le futur tout entier…

Ce que nous avons observé sur place est effrayant.

Tout d’abord, il n’y a plus d’économie. Au sens, une économie qui produit des richesses, en exportant ses produits et ses marchandises.  A Gaza, on ne fabrique plus rien, on n’exporte plus de fraises. On ne travaille plus, on attend seulement que les portes s’ouvrent. En réalité, aujourd’hui, la seule économie qui existe à Gaza est celle des « tunnels de contrebande », ce réseau sous-terrain qui circule sous la frontière égyptienne. Autrement dit, une économie illégale contrôlée par quelques clans mafieux, liés au Hamas. Comble d’ironie, Israël a mis en place avec le blocus, une politique qui ne pénalise nullement les islamistes. Mais favorise en fait  l’argent sale….En Israël, face à cette ironie du destin, on a trouvé la réponse rhétorique. Tout est de la faute de l’Egypte qui favorise le système des tunnels. C’est vrai, l’Egypte en profite. Elle exporte ses produits et rançonne en toute impunité les Gazaouis. Mais de là à dire qu’Israël n’y est pour rien dans cette histoire, c’est peut-être osé…

En Israël, on souligne que des marchandises circulent par camion vers Gaza, par le point de passage de Kerem Shalom. C’est vrai. La preuve en allant sur twitter. Chaque semaine, l’armée israélienne communique le nombre de camions qui circulent vers Gaza. Du 7 au 13 novembre, 1500 camions sont ainsi passés à travers le blocus. Simple calcul, cela fait un camion pour mille habitants par semaine. Une goutte d’eau. Une misère.

Le Hamas a-t-il été pénalisé par le blocus ? Aucunement, il se porte même très bien. On vient d’ailleurs d’apprendre que le prochain gouvernement palestinien s’installerait à Gaza, avec un membre du Hamas à sa tête. Un comble, qui démontre s’il était nécessaire que le blocus ne l’a pas pénalisé…

Mais, cela était-il vraiment le but prioritaire de la politique d’Israël ? Voilà ce qu’a répondu un officier de l’armée israélienne à cette question, au quotidien Haaretz. « Non, l’objectif, c’était de pénaliser les Gazaouis qui avaient voté en faveur du Hamas en 2006. Le blocus a été conçu pour punir une population, et empêcher que cette dernière puisse vivre en toute quiétude alors que l’un de nos soldats (N.D.L.R. – le soldat Guilad Shalit) était aux mains des brigades armées de Gaza. » A cette affirmation, il est permis d’en ajouter une autre. Tant qu’ Israël parviendra à pousser Gaza vers l’Egypte, et la couper de sa zone naturelle, à savoir la Cisjordanie, alors toute création d’un Etat palestinien deviendra un casse-tête chinois, géographique et politique. Mais dire cela, c’est « voir le mal partout », nous a répondu un confrère israélien.

En attendant, Israël a autorisé cette semaine, le passage de camions de ciment vers Gaza. En nombre limité certes. Mais c’est déjà ça. Problème, le ciment venu des tunnels est vendu dix fois moins cher à Gaza…

A.P.

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